Le conte

Il était une fois...un papa et une maman qui eurent 5 enfants, et cela en une seule fois...non seulement ils étaient 5 mais en plus, en sortant du ventre de leur maman, ils se tenaient par la main. La première surprise passée, le papa remarqua qu’ils avaient tous de drôles de taches sur la peau.

 

     « Oh, regarde » dit-il à sa femme « le mien a des plaques rouges » et sa femme de lui répondre

    «  Moi aussi, regarde lui aussi a les mêmes ».

 

De drôles de petites plaques rouges, disposées par ci ou par là. Les uns les avaient sur le nez, d’autres sur le ventre, d’autres sur l’oreille et d’autres encore sur le… zizi. Des taches rouges de partout, on aurait dit des chiens dalmatiens, mais en rouge et blanc cette fois. 

Les enfants grandirent tranquillement dans leur maison, en jouant. Même si de temps en temps, ces plaques rouges devenaient encore plus rouges comme du feu. Alors les enfants se mettaient à gratter. Un jour que la grand-mère était là, elle  dit doucement à la maman

 

     « On pourrait essayer de les recouvrir de tranches d’avocat et de leur donner un bain d’huile de mirabelle ? »

 

D’abord ce ne fut pas très facile de trouver assez d’avocat pour recouvrir tous ces petits enfants, quant à l’huile de mirabelle, c’était très cher, mais la maman essaya quand même. Mais rien n’y faisait… On croyait les avoir enlevées, quelques jours plus tard elles étaient de nouveau là. La maman était désespérée. Elle crut à un mauvais sort jeté par une vieille et méchante sorcière. Le papa dit qu’il n’y pouvait rien… 

Cela n’empêchait pas les enfants d’aimer leurs parents et les parents d’aimer leurs enfants. La vie continua ainsi…

 

Quelques années plus tard, vers l’âge de 5 ans, les enfants quittèrent la maison pour aller à l’école. Là il y avait plein d’enfants du même âge. Aucun toutefois n’avait  de taches, les taches rouges. Pourtant certains avaient la peau verte, d’autres  les cheveux bleus, d’autres trois pieds au lieu de deux. Mais des plaques rouges, pas un seul… 

 

Le regard des autres mamans n’était pas gentil. Elles avaient l’air sévère avec le menton levé, le nez pointé en l’air, les yeux froncés l’air de dire :

 

     « Oh, comme ils sont laids ces enfants… » Les autres mamans dirent à leurs enfants de ne pas jouer avec eux. Parce que

     « On ne sait jamais »,

     « ça doit être le diable, il a envoyé ces vilaines plaques pour punir la famille d’une mauvaise action ».

 

Les 5 enfants se sentaient vraiment très seuls. Personne ne voulait jouer avec eux. Ils ne  se sentaient plus aimés. Alors quand ils rentraient à la maison, ils demandaient à leur maman de les câliner pour les consoler. Malheur ! Chaque fois qu’ils demandaient un câlin, les plaques rouges devenaient de plus en plus rouges… C’était horrible. 

 

Les 5 enfants décidèrent alors de se venger. Au coin de la rue de l’école, il y avait une dame qui vendait des bonbons. Ils la connaissaient bien, la Dame aux Bonbons. Il faut dire qu’elle avait des bonbons magiques. Des qui rendaient tout gentils et d’autres qui donnaient de gros boutons. Seulement pour avoir les bonbons magiques, ce n’était pas simple. Il fallait faire quelque chose d’incroyable. Il fallait lui ramener ...la rosée du matin ...qui suivait une nuit de pleine lune...

 

Les enfants avaient très peur du noir et de la nuit, et puis la pleine lune c’était quand ? Pour ça il fallait trouver un calendrier. En passant à l’arrière de la cuisine, ils trouvèrent le calendrier des postes accroché à la porte et en cherchant bien, ils trouvèrent la date d’une nuit de pleine lune. Alors cette nuit-là ils sortirent tous ensemble en se tenant la main pour se donner du courage. Ils allèrent attendre, blottis les uns contre les autres, dans le champ du voisin d’à côté, le lever du jour. Et dès que le premier rayon du soleil vint réchauffer leurs petites joues toutes rougies du froid de la nuit, ils allèrent cueillir avec leurs mains la rosée du matin. 

 

Qu’elle était belle cette rosée là, elle était particulièrement belle et fraiche.

 

     « Bonjour belle rosée du matin, accepterais tu de nous rendre service, nous avons besoin de toi pour fabriquer un sortilège. Regarde nous avons amené un joli flacon tout bleu rien que pour toi  »

 

La rosée était prête à rendre service aux enfants, elle se laissa cueillir sans problème. Elle prit place dans le joli flacon bleu qu’ils avaient choisi spécialement pour elle. Puis, toujours en se donnant la main, ils allèrent retrouver la Dame aux Bonbons.

 

     «  Bravo, les enfants, je vous félicite de votre courage. Cette rosée est très précieuse! Je vous donne à chacun une petite goutte dans ce flacon et mettez le dans votre poche »

 

Puis comme promis, elle leur donna les bonbons qui donnent des boutons. A l’anniversaire suivant, toute la classe eut droit aux bonbons et toute la classe eut des boutons, des boutons de toutes les couleurs. Des qui ressemblaient à des fraises, d’autres à des fleurs, d’autres à des cafards, ce qui amusa bien  les 5 enfants. Mais comme ils étaient les seuls à ne pas avoir pris les bonbons, ils furent vite repérés par la maitresse. La punition fut d’en manger eux aussi pour avoir les mêmes boutons que les autres … 

 

Ca ne pouvait pas continuer comme ça ! Il fallait savoir qui leur avait jeté un mauvais sort. Ils retournèrent voir la Dame aux Bonbons en se doutant bien qu’elle était un peu magicienne. Faut dire qu’elle était toujours habillée d’une drôle de façon. Elle avait un chapeau qui donnait l’heure n’importe quand en faisant  « Coucou » et elle portait sur son épaule un hibou qui répondait aux  « Coucou » en faisant « HouHou ». Des fois, il valait mieux se boucher les oreilles ! Mais une magicienne qui vend des bonbons ne pouvait pas être une méchante femme. Alors la Dame leur dit qu’elle leur livrerait le secret, mais pour cela il fallait passer une autre épreuve. Et si la première n’était pas simple, celle-ci était carrément compliquée :

 

       «  Les enfants, cette fois-ci, je vous demande de me ramener la peau du serpent! »

 

Le serpent ? Oui, oui, celui dont la bouche est  tellement grande qu’il aurait pu tous les avaler ensemble. Les enfants en avaient entendu parler mais ils ne l’avaient jamais vu. Dans les livres, beaucoup histoires racontaient qu’il était gigantesque. La seule chose qu’ils savaient, c’est qu’il dormait près de la grotte aux fées. Les enfants  acceptèrent aussitôt, sans mesurer vraiment le danger qui les guettait. 

 

Au fur et à mesure que le temps passait, la peur commençait à gagner de la place dans leurs mignonnes petites têtes. D’abord la nuit dans les rêves, puis le jour dans leurs jeux. Tout devenait plus effrayant, compliqué, jusqu’à ce que le plus petit des enfants, leur dise que s’il y avait des fées à la grotte, c’était pour leur venir en aide. D’où sortait-il des idées pareilles ? Personne ne le savait mais c’était toujours lui le plus petit qui avait les idées les plus originales.

 

Alors un jour qu’il n’y avait pas classe, prétextant d’aller chercher des papillons, ils partirent de nouveau main dans la main pour se rassurer, à la grotte aux fées. Arrivés à quelques mètres de là, ils aperçurent le serpent qui dormait, paisiblement avec un gros ventre. Il venait de faire un gros repas. Les enfants frissonnèrent à l’idée de terminer dans le ventre du grand serpent. 

Il flottait dans l’air comme des petites pastilles de parfum, des brindilles argentées. Tout doucement ces petits êtres de lumière vinrent se poser sur les épaules de chaque enfant. C’était les fées ! Elles étaient bien au rendez-vous. Elles leurs parlèrent à l’oreille dans un langage que personne ne connaissait. Pourtant chacun comprenait. Au premier, la première fée dit :

 

     « Prend ta goutte de rosée qui te reste dans ta fiole  et pose la sur la tête du serpent »,

 

Au deuxième la deuxième fée lui tint le même langage et ainsi de suite  par d’autres fées le même message fut donné aux cinq enfants.  Armés de leur courage bien que tremblant de peur, tels des chats  partis à la chasse, ils s'approchèrent tout doucement du serpent endormi. Quand toutes les gouttes de rosée furent déposées, ils coururent se cacher derrière les grands rochers pour regarder ce qui allait arriver.

 

C’est alors qu’un grand prodige se produisit. Quelque chose de surprenant. Quelque chose de magique ! D’abord pas grand-chose : juste une petite fumée blanche, puis des étincelles comme un pétard et enfin un vrai feu d’artifice. Mais le plus incroyable était que le serpent se réveillait et commençait à bouger. Plus il se secouait sur le sol, plus sa peau se détachait en petits lambeaux par ci par là.  Quand toute la mue fut terminée, le serpent eu un regard satisfait sur sa transformation,  il se leva lentement, se secoua une dernière fois et s'éloigna dans le sous-bois. Plus personne ne le revit plus jamais. Les enfants se précipitèrent alors  pour ramasser un bout de peaux du vieux serpent et ils quittèrent au plus vite possible cette forêt magique pour retourner chez eux. 

 

Le lendemain, ils allèrent retrouver darre darre et avec émotion la Dame aux Bonbons. Elle récupéra tous les lambeaux de peaux et s’attela aussitôt à concocter une potion magique. La préparation dura toute la nuit, mais au petit matin elle était fière de son œuvre. Les enfants eux par contre n’étaient pas vraiment convaincus : ils avaient eu la peur de la vie en affrontant le serpent et voilà qu’en retour  la Dame aux Bonbons leur proposait…un pot de colle et un pinceau.

 

     « Vous devez l'étaler sur toute la peau, même les oreilles et même le …zizi » leur dit la magicienne en faisant taire son hibou.

 

Les enfants ne comprenaient pas mais ils n’avaient pas fait tout ça pour renoncer. Ils étalèrent tout le pot sur toute la peau et attendirent. En séchant, la colle se transforma en manteau. En fait, c’était plutôt une combinaison comme une sorte de pyjama bien collant. On aurait dit un déguisement pour carnaval.

Et là, oh miracle ! Les plaques rouges devinrent tout doucement roses, puis roses pales. Plus ils portaient le pyjama, plus les plaques disparaissaient. Et plus les plaques disparaissaient, plus les autres enfants devenaient gentils avec eux et n’avaient plus peur. 

 

Quand ils retournèrent au coin de la rue de l’école voir la magicienne pour avoir la clef de l’énigme, la Dame aux Bonbons avait disparu. A la place, quel ne fut pas leur étonnement de découvrir un ravissant groupe de jolies filles, et le détail est  d’importance, car  les 5 enfants étaient tous des garçons. Les 5 filles étaient toutes plus jolies les unes que les autres. Le cœur des garçons se mit à battre plus fort que d’habitude. Pourtant les plaques rouges ne revenaient toujours pas…

Ils pouvaient prendre chacun la main d’une jolie fille sans qu’elle ait peur. Ils se prirent à croire qu’un jour plus tard,  ils pourraient même l’embrasser sur la joue.  

 

Au retour de cette journée là ; quand la maman et le papa leur demandèrent qui était la mauvaise sorcière qui leur avait jeté un sort, eh bien, ils ne savaient pas répondre. Parce que du coup la question ne les intéressait plus du tout, ils avaient trouvé bien autre chose….

 


Mots clefs : l'eczéma de l'enfant