La peur de la cortisone en 5 points


Point 1 : la cortisone naturelle

La cortisone est fabriquée par notre corps, sous le nom de cortisol, elle nous sert de carburant, de starter le matin vers 8 heures, puis reste stable toute la journée avec un petit creux vers 3 heures du  matin. Cette hormone intervient dans le métabolisme du sucre, des graisses, du sommeil, de l’immunité. C’est une réponse au stress chronique (La vie de tous les jours) alors que l’adrénaline est une réponse au stress aigu (un camion qui nous fonce dessus)

Elle a des vertus anti inflammatoires importantes, d’où son utilisation sous forme de médicaments. Elle est à disposition sous forme de comprimés, d’injection (voie interne)  ou de crème et de pommade (voie externe), deux voies qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre tant sur les doses que les effets secondaires.

Différence entre la cortisone en comprimés et en crème

Point 2 : elle est détruite par l’inflammation

La notion principale de cette fiche est que la cortisone appliquée sur la peau est détruite par l’inflammation. Il n’y a donc aucun danger à en mettre largement  sur toutes les plaques en quantité importante, une fois par jour jusqu’à disparition parfaite de la plaque. N’ayez pas peur d’en remettre dès que la plaque récidive. La bonne dose est l'unité phalangette.

Il devient par contre tout à fait légitime de se poser la question de l’application de la cortisone avant même que la plaque ne récidive ! La réponse est tout aussi claire : si vous pouviez regarder votre peau au microscope vous verriez de l’inflammation persister comme des braises encore rouges dans votre cheminée. N’hésitez pas à en mettre deux fois par semaine sur les zones qui récidivent régulièrement. 


Point 3 : pourquoi a-t-elle si mauvaise presse ?

Elle ne guérit pas :  

Pour maîtriser un eczéma, il ne suffit pas d’hydrater et de traiter par la cortisone.

Il faut aussi identifier les facteurs déclenchant et tenter de les prévenir, et la liste est longue :

Parmi ces facteurs déclenchant, l’alimentation peut être incriminée : 

  • par le biais  de l’acidité de la sueur en lien avec un apport excessif d’aliments trop acidifiants, 
  • par le biais de l'inflammation elle même, en lien avec l’apport excessif de mauvais corps gras. 

 

Elle empêche que ça sorte :

Voilà une phrase bien courante : « il faut que ça sorte sinon les toxines vont rentrer et c’est dangereux » Hippocrate est à l’origine de la fonction émonctoire de la peau, il y a 2500 ans … 

Les toxines sortent effectivement par la peau, via la sueur et le sébum. Or la cortisone en crème ne change rien au fonctionnement des glandes sudorales et sébacées. Donc cortisone ou pas, les toxines sortent toujours bien comme il faut.


Point 4 : mais il doit bien y avoir une autre solution ?

La dermatite atopique est une maladie chronique, cela est difficile à entendre pour les parents et le patient. 

Chaque crise impose de reprendre la check list : quel est le phénomène déclenchant, pouvait-on le prévoir, faut-il retraiter la flore digestive ? 

Certains auront de bons résultats avec les autres médecines, mais quelque soit votre choix la base de la prise en charge reste incontournable : 

 

  • la peau est sèche : il faut ne pas aggraver la peau sèche et bien hydrater tous les jours. Choisissez un produit de toilette doux sans savon, restez moins de  5 min sous la douche, séchez rapidement en tamponnant, appliquez l’émollient sur la peau encore humide, sur tout le corps, tous les jours, sur les plaques d’eczéma aussi. 
  • il faut apprendre à s’écouter, comprendre comment cette peau réagit
  • souffrir ne sert à rien, faites vous du bien
  • si vous utilisez la cortisone, mettez en une fois par jour, tous les jours aussi longtemps qu’il le faudra pour faire disparaître les plaques, débordez largement (l’eczéma est plus répandu que la plaque visible), ne soyez pas économe, et n’hésitez pas à en mettre deux fois par semaine ensuite en préventif.
  • si le stress est un élément déterminant, engagez-vous dans une démarche pour y être moins sensible (sophrologie, hypnose …).
  • respectez votre flore digestive. 

Point 5 : mais la vraie raison de la peur de la cortisone vient …

Des médecins eux-mêmes. Les études le montrent : des positions divergentes dans le corps médical n’ajoutent que de la confusion chez les parents. Les centres de référence sur la prise en charge de la dermatite atopique sont les centres d’éducation thérapeutique. 


Mots clefs : peur de la crème à la cortisone, corticophobie, dermocorticoide